Le S.T.I note la copie de M. JOSPIN.

Refusés aux tables de Matignon : Le message dont nous sommes porteurs et qui nous vaut un ostracisme sans précédent

I/La dérive inattendue et dramatique du processus : des accords de Matignon aux accords de maquignons.            

-L’ouverture des négociations : L’exécution politique du préfet Erignac et la peur de voir le commando devenir un modèle d’action et de refondation au sein d’une clandestinité parcellisée, divisée et disséminée a conduit le gouvernement Jospin à reconnaître dans les attentats d’Ajacciu le signe de cette métamorphose du nationalisme qu’il fallait neutraliser. Pour éviter que le modèle basque ne soit introduit en Corse, contre toute attente et à l’encontre de ce qu’il avait toujours affirmé le gouvernement a ainsi ouvert des négociations afin de mener ce projet à son terme.
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Le présupposé à celles-ci : La Corse serait enfin suffisamment acculturée pour que l’on puisse envisager un développement de l’île sans sa culture et sans les hommes qui la pratiquent et s’en revendiquent. « La Corse sans les Corses », entendez ceux qui témoignent par leur conduite et leurs productions de leur culture, est toujours d’actualité. Le facteur objectif à ce constat réside dans le renversement opéré durant la dernière décennie : les Corses de deuxième génération sont minoritaires sur leur terre !
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Le préalable aux accords de Matignon :Tout peut être négocié à Matignon sauf les outils de production de la francité et de l’adaptation cynique à la modernité (mondialisation). La reproduction des inégalités injustes (économiques, sociales, culturelles, politiques), la mort du politique et de la citoyenneté, la logique dominante du marché, instituées par ces républiques marchandes dont la France est partie intégrante ne sont pas l’objet de discussion à Matignon. Les appareils idéologiques d’État avec à leur tête  les différents ministères (l’école, l’armé, la police, la justice, les médias, le fisc etc.) ne feront l’objet d’aucune négociation. La politique de développement de la France préside ainsi à notre destin, sans que nous puissions d’une quelconque façon bâtir un projet de société à la mesure de ce que nous sommes, de notre culture, de notre histoire et de la dignité à laquelle nous aspirons.
Nos appartenances font que nous ne sommes pas tous égaux face au savoir, face à la loi, face à l’autre, face à l’emploi et appartenir ,aujourd’hui plus qu’hier, à la France, c’est reproduire ce rapport de force qui se veut état de droit.
De son coté, notre culture a été brisée par ces appareils d’État et les lieux de transmission des savoir-faire et du savoir-vivre ont été éradiqués sans que rien ne les remplace, sinon
le mythe du citoyen consommateur de spectacle.
 L’appareil éducatif, l’appareil judiciaire, l’appareil répressif, l’appareil financier, l’appareil fiscal, l’appareil punitif, l’appareil sécuritaire, l’appareil médiatique ne feront donc l’objet d’aucune  réforme adaptative et moins encore d’aucun transfert démocratique.

L’exemple du système éducatif est stupéfiant.

Accordant aux D.O.M-T.O.M un décret de mise hors-norme fondé sur le droit du sang, la république française refuse ce même décret que nous revendiquons à partir du droit que nous ouvre notre culture. Accorder 1500 points à tous les professeurs certifiés qui désirent mettre un terme à l’exil, sur la base de leur scolarité dans l’île, paraît aberrant !
(IV.5 Vœux portant sur les DOM
1000 points sont attribués pour les vœux portant sur les académies de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion,
pour les agents originaires ou dont le conjoint ou les ascendants directs (père ou mère) sont originaires du DOM demandé, sous réserve de justification de cette qualité par un document joint à la demande)B.O spécial N°15 du 30 Novembre 2000.
Adaptation des programmes d’histoire et de géographie pour les enseignements donnés dans les DOM (B.O N°8 du 24 février 2000)


II/Les enjeux du système éducatif.
A/Le système éducatif demeure le seul lieu de transmission possible des savoir-faire indispensables au savoir-vivre.
 En effet, les espaces et le temps nécessaire à la transmission de ceux-ci disparaissent à mesure que les corps sociaux explosent, laissant derrière eux des enfants désœuvrés, sans compétences et sans repères. Le rôle dévolu à la famille et à la communauté en matière éducative est devenu aujourd’hui impossible à accomplir.
 De son coté, l’appareil idéologique d’Etat a des ratés. Conçu pour lutter contre les appartenances indésirables sous prétexte de lutter contre l’ignorance inhérente à celles-ci, l’appareil éducatif a favorisé la reproduction des héritiers et de leur culture d’appartenance. A l’exclusion des appartenances indésirables a succédée, fruit de la disparition de celles-ci, la production massive d’être sans attaches ni repères dont l’intégration est régie aujourd’hui par les règles du marché !
L’élève spectateur, détaché des appartenances qu’il fallait domestiquer n’a que faire de cette promesse de bonheur par l’objectivité cognitive
  lorsque la jouissance quotidienne de la consommation établie cela dans l’immédiateté.
La société civile, produit de cet appareil à démembrer les appartenances et à reproduire la culture dominante, (avec le savoir-faire et les capitaux en moins), ne transmet plus une culture dans laquelle ses enfants pourraient s’incarner. La société civile se trouve désemparée face à l’indifférence de ceux-ci.
N’appartenant plus à rien, ne s’appartenant plus, sinon dans le désir de produire pour consommer, la jeunesse corse comme la jeunesse continentale a abandonné sa culture d’appartenance sans avoir besoin de se cultiver pour cela, comme ce fut le cas des parents.
Si la Francité fut produite de toute pièce par cet appareil éducatif, la corsité se retrouve aujourd’hui dans la même position embarrassante. En l’absence de lieu de transmission, de temps pour cela et d’exemple vivant à ce propos, la corsité, c’est à dire l’ensemble des relations dynamiques qui fonde notre peuple, disparaît, sans qu’aucune culture digne de ce nom ne viennent occuper la place devenue vide.
A force de penser la culture contre les corps d’appartenances afin d’aménager le monde à partir des appartenances à la seule culture marchande, nous avons produit l’absurdité suivante : des êtres qui voulaient se cultiver en dehors de toute culture et aujourd’hui des êtres qui refusent de se cultiver en refusant toutes cultures !
Si la richesse d’une nation dépend étroitement des compétences et de l’originalité des êtres qu’elle forme, ou de la compétence et de l’originalité étrangère que l’on exploite dans une politique impérialiste, il y a fort à parier que notre nation pratique le suicide.
Le taux de délinquance ne cesse de croître, tandis que le suicide, l’internement psychiatrique, l’usage de drogues légales et le taux d’I.V.G pratiquées atteignent un point sans pareil dans l’histoire de notre peuple et de sa jeunesse.
La culture corse, comme toute culture n’existe qu’à la faveur des relations concrètes que nos entretenons quotidiennement, au sein desquelles nous pouvons nous remettre en question et nous cultiver, ou nous laisser aller et reproduire machinalement ce qui nous a été légué. Ces relations peuvent s’organiser autour de quatre grands axes qui sont des indicateurs précieux pour évaluer l’identité d’un peuple : le rapport à la parole et au silence (la mesure est alors le dialogue) ; à l’étranger et au voisin (la mesure est la rencontre), au travail et au don (la mesure est l’œuvre) enfin, le rapport à la mort et à la naissance (la mesure est le témoignage).

Que nous propose l’éducation nationale ? 

1/Qu’en est-il aujourd’hui pour nos élèves du rapport à la prise de parole et au silence, de l’accès au savoir et à la compréhension ?
L’accès à la prise de parole, comme le silence de la compréhension face à ce qui nous dépasse et nous invite à nous dépasser sont les deux signes de la démocratisation d’une société ou de sa dérive.
Or la banalisation de la parole comme du savoir accompagne l’impuissance observée quotidiennement à la prise de parole, tandis que le silence de la compréhension a laissé place au bavardage des médias

75% d’une classe d’âge parvenu en fin de cycle de formation (en terminale) sont incapables de prendre la parole et de tenir une argumentation cohérente !
80% d’une classe d’âge ignore le langage informatique et entretient un rapport narcotique aux nouvelles technologies.
80% d’une classe d’âge dispose d’un « baccalauréat bon marché » obtenu par la faveur intéressée de professeurs qui, de guerre lasse face au chantage des inspecteurs et aux consignes des recteurs notent comme on leur demande de noter.
 70% de bacheliers n’arrivent pas à « décrocher » un simple D.E.U.G !
Les statistiques sont là (étude publiée dans la revue de l’Institut.National.d’Etudes.Démographiques « Population » ; janvier-février 2000)
nous n’avons jamais reproduit avec une telle fidélité les injustices sociales !
E
n déshérence face à leur propre culture, les lycéens ne connaissent pas les gestes rudimentaires du discours, sans lesquels il ne saurait y avoir de socialité autre que totalitaire. L’idée même que la parole puisse avoir un statut et ne soit pas un simple moyen semble obsolète. Certains osent encore parler de contrat, oubliant le b a ba de celui-ci, le statut de la parole donnée ! Dans un système éducatif à l’image de la société qui l’a engendré où la parole n’est écoutée que lorsqu’elle émane d’experts accrédités, le dialogue comme seul fondement légitime aux règles qui régissent la société demeure une absurdité. Le silence face à ce qui fait autorité ; face à ceux qui dans un domaine ont initié une façon nouvelle de s’orienter, témoignant de leur compréhension des lois qui régissaient celui-ci, pâtit de la même indifférence. Les hommes exemplaires, en ce qu’ils nous invitaient par leur parcours et leur production à nous dépasser et à réaliser notre liberté ne font plus recette. Rambo a remplacé Rimbaud, tandis que les figures de la médiocratie sont devenues des exemples incontournables. Notre propre langue est ravalée au rang des langues étrangères, tandis que les gestes les plus rudimentaire de notre culture orale sont perdus.
Notre Académie arrive bonne dernière dans les disciplines exigeant encore de la cohérence et du raisonnement ; les résultats du Bac S ont été une fois de plus catastrophiques !
 
Si notre peuple historique s’est toujours tu face aux paroles qui instituaient le dialogue et la liberté, force est de constater que le silence entretenu face à ce qui devrait nous scandaliser témoigne d’une perte certaine d’honneur et de dignité.

       2/Qu’en est-il aujourd’hui pour nos élèves de leur pratique du temps, du rapport à l’histoire, aux événements présents et à leur avenir ?
 Fondée sur la reproduction de l’ordre existant, l’école n’enseigne pas le témoignage, mais cultive la répétition.
 Nos élèves seraient-ils plus pratiques que leurs parents en excellant dans le témoignage, le souvenir du passé, l’intelligence du présent et l’anticipation de l’avenir ? On leur prête souvent une liberté d’imagination qui manquait paraît-il à leurs aînés. A moins de confondre liberté et oubli, il est difficile de ne pas être surpris par l’indifférence au passé qui régit la pratique de l’histoire au lycée comme au collège. Le rapport au passé, au présent et à l’avenir est marqué d’une telle incertitude que la mémoire, l’attention et l’imagination semblent réduites au meilleur des cas à la simple répétition scolaire d’exercices dénués de tous sens. Les maîtres ont beau jeu d’invoquer « un devoir de mémoire » lorsque les formes de l’enseignement nient au temps toute valeur. Il faut aller vite, ne pas perdre de temps et se rapporter au passé, au présent et à l’avenir dans le cadre d’un projet d’étude et de vie qui est la négation de la présence du passé, de l’attention et du plaisir à ce que l’on fait et de l’imagination singulière d’une réalité autre. Le calendrier scolaire, les programmes, les rythmes d’apprentissages, les années de scolarisation font pâle figure lorsqu’on prend soin d’examiner un élève en fin de cursus. En l’absence de mémoire vivante, de témoignage (absence qui doit son existence en partie à l’extériorité du savoir scolaire qui ne concerne pas l’enfant ou l’adolescent), le système éducatif qui n’a jamais eu pour but d’initier à une autre pratique du temps que son organisation disciplinaire en carrière et en échec ; ce système éducatif conduit des foules disciplinées à une pratique marchande de l’espace réduite aux seuls lieux du commerce et de l’échange.

Notre rapport au temps, à l’apparition de ce qui nous est étranger et à la disparition de ce qui nous est familier se fond aujourd’hui dans une jouissance sans pareil où le tourisme devient un mode de vie.

La génération Zapping succède à la génération de la mémoire morte et du dictionnaire de la civilisation française en boite, tandis que règne souveraine une indifférence à ce qui fut, une inattention à ce qui est et une ignorance de ce qui pourrait advenir. Les noms de lieu et les lieux de la mémoire commune qui font notre peuple sont abolis et, avec eux la production fantasmatique de la 3ème république. Les enfants ne connaissent pas l’histoire de la Corse, dit-on, mais ils ne connaissent pas plus l’histoire de la France et, les connaîtraient-ils n’en seraient pas moins incapables, comme leurs aînés, de témoigner de ce qui fut sans pour autant accepter ce qui est ! Si l’histoire, comme le rappelait Pierre Nora est une discipline sous surveillance, c’est qu’il en va du mythe comme de l’oubli dans notre indolence quotidienne face à ce qui devrait nous indigner.

Notre peuple historique repose sur une éthique du témoignage où chacun sait par ses appartenances qu’il n’est pour nous qu’une façon d’initier notre mort, c’est de pouvoir se taire sans être tu, il n’appartient aujourd’hui qu’au système éducatif, de par la disparition des familles éducatives de transmettre un rapport et une pratique du passé, du présent et de l’avenir qui ne soit plus fondées sur un oubli du temps et de notre mortalité.

3/Qu’en est-il aujourd’hui pour nos élèves de leur pratique de l’autre, de la rencontre et de l’hospitalité ? 

Les rencontres en matières de langues et de cultures étrangères, comme les rencontre dans le milieu scolaire, ont ceci de particulier qu’elles s’inscrivent dans l’ignorance de notre culture et de sa pratique.

Défier l’autre en tant qu’il me ressemble apparaît aujourd’hui comme une humiliation à sa personne et le respecter dans l’affirmation de sa différence, une preuve de lâcheté dans le jugement !

Comment pourrait-on rencontrer l’autre lorsqu’on a pas conscience de soi, ni de ses appartenances ? On parle alors d’échanges, de préférence avec l’identique (même pouvoir d’achat) sur la base d’une pratique commune de la consommation. D’euro-disney au voyage d’étude à l’étranger, de ce voyage en quoi consiste la scolarité, les enseignants vous diront leur désarroi devant le refus collectif de rencontrer l’autre, ailleurs que dans la consommation commune. En matière de relation à l’autre règne une indifférence souveraine ponctuée par l’émulation marchande ou la concurrence stupide. Le racisme le plus ordinaire envers les étrangers qui sont pauvres fait contraste avec l’admiration pour tout ce qui brille, se montre et étale sa richesse. En organisant les filières et les cursus de formation dans l’optique d’une reproduction des élites, l’école républicaine à structurer la relation à l’autre sur la base de l’indifférence à ce qui n’apporte rien en terme de reconnaissance et de carrière. Aujourd’hui prédomine dans les classes une indifférence à l’autre et à soi à la mesure de l’indifférence que les élèves portent à la communauté, à son passé et à son avenir.

En lieu et place de l’hospitalité et du don qui a conduit notre peuple dans l’histoire à ne jamais refuser les rencontres, mais à les assumer, se tient aujourd’hui une jeunesse frustrée qui de l’indifférence à la peur refuse d’affronter la modernité.  

4/Qu’en est-il aujourd’hui pour nos élèves de leur pratique de la Terre, du corps et du travail ?

Si le chef d’œuvre est socialement obsolète; témoignant pourtant de l’innovation dans la sphère du travail et de la maîtrise d’un savoir-faire hérité ; en retour l’oubli de soi dans une activité garantissant le loisir et le divertissement comme salaire inspire notre jeunesse. Mais l’école n’a pas prévu de rémunérer ses élèves, sinon par la promesse d’une brillante carrière en laquelle ils ne croient plus.

Les diplômes font pâle figure face au salaire des « gens du spectacle »(sportif, animateur télévisuel, etc.) et devant les Héritiers qui profitent de celui-ci ! En république marchande, le travail n’est plus une valeur, il est une marchandise comme une autre qu’il faut savoir négocier. Faute de réguler les conflits humains par le sacrifice d’un homme, par la guerre ou la production, notre société garantit sa paix et sa sécurité par ce sacrifice particulier mais généralisé du spectacle. En contrepartie, les disciplines qui proposaient une épreuve du travail enrichissante en elle-même ont été marginalisées, tandis qu’aucune mise à l’épreuve de soi ne les a remplacées. Se mettre à l’épreuve et dans cette mise à l’épreuve que constitue l’apprentissage, pouvoir prendre corps à travers des savoir-faire, cela est devenu impossible. Les humanités ont disparu et avec elles l’ensemble des pratiques artistiques et traditionnelles qui permettaient de prendre plaisir à apprendre et d’apprendre le plaisir qu’il y a à s’exprimer et à s’incarner par ces savoir-faire. Le rôle dévolu aux art-plastiques, au théâtre, au chant dans l’apprentissage de la langue est à la mesure de place qu’occupe les savoir-faire traditionnels dans ce système, c’est à dire rien ! Au sortir d’une telle non-formation nous observons des élèves désœuvrés, sans gestes, ni figure (sinon celle transmise par la famille) qui n’ont aucun plaisir à faire ce qui est pourtant leur principale discipline ! Des séries scientifiques sans intérêt pour les sciences, des séries littéraires sans intérêt pour la littérature, des séries économiques et sociales sans intérêt pour l’étude des phénomènes sociaux, des séries technologiques sans considération pour le monde dans lequel il se destine !

L’idée d’une école des métiers et des savoir-faire traditionnels dès la classe de 5ième, sur le modèle du compagnonnage fait bondir les parents et les inspecteurs, tandis que l’usine à produire des chômeurs et des délinquants bat sont plein.

Une école s’est ainsi dessinée qui ignore tout de son environnement immédiat, du patrimoine qu’il recèle et des épreuves formatrices qu’il offre.

On ose encore parler d’une école « de l’environnement » lorsque la pratique du corps est auto-centrée autour du lycée en lieu clos. Les jeunes corses qui n’ont plus de village pratiquent leur propre terre en touriste et ignore tout du travail des formes à l’œuvre en celle-ci.

Incapable à prendre corps et à réinscrire celui-ci comme lieu de leur dignité, ils apprécient les nouvelles technologies comme lieu de repli.   

B/-Le système éducatif est le lieu de rencontre des enfants avec ceux qui leur serviront d’exemple, après leurs parents.
Or, le corps enseignant est marqué, depuis l’ouverture de l’Académie par l’arrivée massive de continentaux (environs 450 en 5 ans) devenus indifférents à notre culture.
 La décorsisation des emplois dans le domaine de la formation est le fait marquant de ces cinq dernières années.
Seuls les Corses qui présentent patte blanche par leurs 20 années passées sur le continent peuvent traverser cette sélection ethnocentrique. Le refus du décret de mise hors norme de l’Académie  et le travail que nous fournissons conduisent ainsi, chaque année, le recteur à se « mettre hors la loi » afin d’éviter l’exil forcé de jeunes enseignants corses. Cette inversion numérique dans le rapport à notre culture conduit bon nombre d’enseignants à reléguer leur propre culture à l’arrière plan et à gérer leur enseignement et leur carrière sur le mode de la francité. Un malentendu s’est ainsi développé entre la population en attente de repères pour leurs enfants et un corps qui se referme de jour en jour sur des textes officiels et refuse de dynamiser l’espace éducatif.

       C/-Le système éducatif est le lieu privilégié d’apprentissage de la liberté et de mise en œuvre de la démocratie.

       En privilégiant officiellement l’analyse critique et la réflexion, le système éducatif français se veut un apprentissage de la citoyenneté. Pourtant, le fait marquant de ces 10 dernières années est la suppression des exercices d’analyse, de critique, de démonstration et de réflexion dans l’ensemble des disciplines. La réforme des collèges, puis la réforme des lycées délivrent aujourd’hui la volonté qui y préside : l'activisme populiste. Ajouter à cela un aménagement disciplinaire de l’espace et du temps, une ignorance crapuleuse des traditions qui ne s’inscrivent pas dans l’idéologie nationale française et vous découvrirez ce précipité d’horreur éthique, politique et esthétique que constitue la scolarité. Les élèves, malgré les milles et une réformes sans conséquences véritables, vivent toujours la scolarité comme un vol de leur liberté et un viol de leur dignité. Face à cela, nous enregistrons le refus de faire de la Corse une région pilote et souveraine pour un nouveau système éducatif.La négation par l’absurde d’un constat que notre culture nous permet d’établir.

III/Le sort réservé à ceux qui pratiquent et transforment la réalité de ce système : 

CASTELA , ANDRIUZZI ; 722ème jour de prison !

       Alors que bon nombre de prévenus attendent en liberté leur jugement dans des scandales qui affectent le cœur de l’État, ceux qui se battent pour que nos enfants aient un avenir et non un destin sont soumis à un régime carcéral d’exception. Le S.T.I apporte ainsi son soutien fraternel à la démarche humanitaire entamée par le Comité Anti-Répression et réaffirme sa solidarité sans faille avec ses adhérents injustement incarcérés : Vincent ANDREUZZI et Jean CASTELA.

IV/Un indispensable sursaut.

              -Il est temps de donner la parole au peuple,
              -de réaffirmer les principes fondateurs de toute socialité.
              -de renoncer à l’abandon et au suicide collectif.
              -de prostituer les voix de la famille pour l’intégration des enfants à une société sans valeur et sans dignité
              -de descendre dans la rue pour faire connaître notre volonté :

Nous appelons tous les Corses dignes de ce nom à descendre dans la rue le samedi 03 mars 

pour s’exprimer, afin que  Matignon engage un dialogue véritable où les problèmes seront clairement posé concernant les insuffisances de la république française et la volonté de notre peuple.
Nous proposons une réunion d’organisation ouverte à tous les Corses de bonne volonté le samedi 20 janvier.
Nous préciserons à une date ultérieure le lieu de cette réunion préparatoire.

 

Per una societa corsa di diritte è di libertà

Persa a cultura, mortu u populu !